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Panorama du marché mondial du médicament

Organisation professionnelle des entreprises du médicament opérant en France, le Leem (Les Entreprises du Médicament) vient de publier les données générales du marché mondial du médicament ainsi que celles du marché français. En 2020, l’Europe compte pour 24% du marché pharmaceutique mondial Ainsi, selon Les entreprises du médicaments, en 2020, le marché mondial du médicament a atteint 1 203 …

Panorama du marché mondial du médicament

Organisation professionnelle des entreprises du médicament opérant en France, le Leem (Les Entreprises du Médicament) vient de publier les données générales du marché mondial du médicament ainsi que celles du marché français.

En 2020, l’Europe compte pour 24% du marché pharmaceutique mondial

Ainsi, selon Les entreprises du médicaments, en 2020, le marché mondial du médicament a atteint 1 203 milliards de dollars de chiffre d’affaires soit environ 987 milliards d’euros, en croissance de plus de 8% par rapport à 2019, indique le Leem.
Le marché américain reste le plus important, avec 46% des ventes mondiales, loin devant les principaux marchés européens (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Espagne), qui réalisent 15,5% de parts de marché, le Japon (6,6%) et les pays émergents (Chine et Brésil), 9,8%.
Autre constat, la croissance des pays européens a été supérieure, en 2020, à la croissance du marché mondial : «en 2019, l’Europe comptait pour 23,2% du marché pharmaceutique mondial, en 2020, cette part est de 24%», rapporte le Leem.
La France demeure le deuxième marché européen derrière l’Allemagne. Toutefois, elle voit sa part de marché reculer de 2,2 points en dix ans. Cette tendance est confirmée par l’étude IQVIA, publiée en janvier 2019 qui indique qu’à l’horizon 2023, la France perdrait deux places pour se faire dépasser par l’Italie et le Brésil.

159 milliards de fusions-acquisitions

«Malgré les mégafusions récentes, l’industrie mondiale du médicament demeure peu concentrée, les cinq premiers groupes représentant 22% du marché mondial», indique le Leem.
Alors qu’en 2019, le montant des fusions-acquisitions avait un atteint un niveau record (environ 357 milliards de dollars), la pandémie de Covid-19 a contraint les entreprises à se recentrer sur des alliances et des opérations moins importantes et plus ciblées, dans des domaines thérapeutiques prioritaires.
En 2020, le montant des fusions-acquisitions s’élève à 159 milliards de dollars, annonce les Entreprises du Médicament, à un niveau proche de ceux constatés en 2017 et 2018. «Les opérations se sont accélérées au cours du second semestre, notamment via l’achat d’Alexion Pharmaceuticals par AstraZeneca qui compte pour un quart du montant total des transactions» souligne l’organisation experte. «Avec ces rapprochements, les grands groupes mondiaux espèrent atteindre une taille critique afin de réaliser des économies d’échelle (réduction des coûts de recherche), renforcer leur présence sur les marchés et faire face à la pression exercée sur les prix des médicaments par les pouvoirs publics».
Mais selon la Leem d’autres objectifs sont également recherchés comme l’acquisition de nouvelles technologies (achat de firmes de biotechnologies), l’introduction dans un nouveau domaine thérapeutique ou sur un nouveau segment (l’automédication, par exemple), l’acquisition d’une force de vente ou de distribution, l’implantation dans un pays étranger ou sur un continent.
Le coût des opérations d’acquisition étant élevé, les entreprises développent également des accords ou des alliances entre elles, et font appel à des compétences extérieures (sous-traitance) à tous les niveaux : recherche, développement, fabrication…

Le Leem annonce également que les médicaments en 2020 ont généré 62 milliards d’euros de chiffre d’affaires, dont 50% à l’exportation. Concernant les différents marchés, la Leem relève que le chiffre d’affaires sur le marché domestique est un marché en stagnation.
Ainsi, en ville, le chiffre d’affaires des médicaments en ville s’est élevé à 21,2 milliards d’euros (en prix fabricant hors taxes), soit + 0,6% par rapport à 2019.
Le marché des médicaments remboursables a vu quant à lui son chiffre d’affaires croître de 1,8% entre 2019 et 2020, tandis que les volumes ont enregistré un recul de 3,5%. Les médicaments non remboursables représentent, quant à eux, un marché de 1,7 milliard d’euros, en nette diminution de 11,6%, tandis qu’en unités ce marché diminue de 14,5% par rapport à 2019.
«A l’hôpital, on assiste à une croissance brute de 6,1% en 2020», souligne Les entreprises du Médicament.
Le marché hospitalier connaît, en 2020, une croissance brute de 6,1%. Comme en 2019, celui-ci est porté par un fort dynamisme de la liste en sus (+ 15,7 %).

Les exportations enregistrent une croissance de 5%

Concernant les exportations de médicaments, elles enregistrent une croissance de 5%, pour atteindre un montant global de 31,6 milliards d’euros.
«Il s’agit de la deuxième année consécutive où l’on observe une forte croissance des exportations (+11 % en 2019). Entre 2012 et 2018, la croissance n’était que de 1,9 % en moyenne» analyse la Leem qui précise que tandis que la balance commerciale nationale fait face à un très lourd déficit (65 milliards d’euros), celle du médicament présente un excédent de 8,4 milliards d’euros. Le secteur du médicament demeure ainsi le 4e plus gros contributeur à la balance commerciale.

Des baisses de prix qui atteignent un montant record en 2020

Les lois de financement annuelles de la Sécurité sociale (LFSS) organisent l’équilibre entre les dépenses et les recettes de l’Assurance maladie autour de quatre grandes enveloppes (médecine ambulatoire, hôpitaux soumis à la tarification à l’activité, autres établissements de soins et établissements médico-sociaux).
«La mise en place, depuis 2004, de plans annuels de baisses de prix, a eu une incidence forte sur la croissance du chiffre d’affaires du médicament remboursable.Le taux de croissance annuel moyen a diminué de 7 points en quinze ans. Il s’établissait à 7% au début des années 2000. Il se situe à 2,4% en 2020, après une croissance de 1,3% en 2019» constate le Leem. Cette croissance du chiffre d’affaires brut est contenue par des baisses de prix, qui atteignent un montant record en 2020, soit 920 millions d’euros. De nombreuses classes thérapeutiques ont été mises à contribution : les médicaments du système cardiovasculaire ou encore les antidépresseurs.

« Un contexte de compétition internationale accrue »

A l’échelle mondiale, le marché français se distingue par une faible croissance du chiffre d’affaires pharmaceutique.
D’après IQVIA, les prévisions ne sont guère plus optimistes : sur la période 2019-2023, alors que la croissance annuelle moyenne sera comprise entre 3 et 4% en Espagne, Italie, Allemagne ou Royaume-Uni, elle ne devrait atteindre que 0,5% dans l’Hexagone.
«Dans un contexte de compétition internationale accrue, ces perspectives reflètent la perte d’attractivité, depuis plusieurs années, de la France au profit de ses voisins européens», commente la Leem.
En France, la croissance du marché pharmaceutique est fortement régulée par le mécanisme de la clause de sauvegarde.
Dans d’autres pays européens, cette régulation est moins forte, permettant au secteur de croître avec moins de contraintes.
C’est vrai au Royaume-Uni, où la croissance du marché pharmaceutique autorisée avant régulation financière est de 2% par an. C’est également le cas en Espagne, où le marché peut croître au même niveau que le PIB, soit 2,0% en 2019.

5 milliards d’euros pour le marché des génériques en 2020

Géré par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), le répertoire des génériques est constitué des groupes génériques représentant le médicament princeps et ses génériques – que ces derniers soient commercialisés ou non.
En 2020, le chiffre d’affaires de ce répertoire s’élève à 5,0 milliards d’euros (1,2 milliard pour les princeps et 3,8 milliards pour les génériques), soit 26% du marché remboursable.
Les médicaments génériques auraient ainsi permis de réaliser des économies conséquentes au cours de ces dernières années (3,2 milliards d’euros pour 2018 et près de 27 milliards d’euros depuis 2000, selon l’association Gemme (générique, même médicament) qui réunit 19 acteurs de l’industrie du médicament générique. Aujourd’hui, plus d’une boîte de médicaments sur trois est un générique, représentant un taux de substitution de 83% dans le répertoire.

Le marché des biosimiliaires en progression en 2020

Similaire au médicament biologique (substance qui est produite ou extraite à par- tir d’une cellule ou d’un organisme vivant) de référence, le médicament des biosimilaires a des caractéristiques de tolérance, de sécurité et d’efficacité clinique qui en sont proches. L’Union européenne a par ailleurs adopté en 2013 une position sur les produits biosimilaires : ces derniers ne peuvent pas être considérés comme des médicaments génériques, qui sont identiques aux médicaments chimiques.
«En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avait alors estimé que le principe de substitution par le pharmacien, valable pour les médicaments chimiques, ne pouvait pas s’appliquer automatiquement.
En 2014, un article de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) prévoyait un mécanisme de substitution mais le décret n’a jamais été publié. La LFSS 2020 a supprimé cette éventualité de substitution par le pharmacien mais le gouvernement s’est engagé à réétudier le sujet et à travailler avec les parties prenantes durant l’année 2021», explique le Leem qui estime que «le marché des médicaments biologiques (produits de référence et biosimilaires) constitue un atout majeur dans l’objectif de maîtrise des dépenses de médicaments. C’est par ailleurs un enjeu important de politique industrielle pour la France» souligne l’organisation. Alors que les bioréférents connaissaient une croissance de 0,4% entre 2019 et 2020, les biosimilaires montraient une croissance de 18,9% sur la même période.
Le chiffre d’affaires des biosimilaires a considérablement augmenté ces dernières années, passant de 125 millions d’euros en 2015 à 952 millions d’euros en 2020. Bien que les bioréférents restent majoritaires, on observe également une augmentation des parts de marché des biosimilaires au sein de leurs groupes.

ParLa rédaction
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