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«La pharma européenne doit continuer à fabriquer sur le continent»

Une conférence récemment proposée pour Connect in Pharma mettait l’accent sur l’innovation en tant que fondement d’une industrie pharmaceutique forte en Europe. «L’industrie pharmaceutique européenne doit continuer à fabriquer sur le continent et se numériser davantage pour rester compétitive», de l’avis des différents intervenants. Afin d’assurer un avenir solide à l’industrie pharmaceutique européenne, les entreprises doivent donner la priorité à …

«La pharma européenne doit continuer à fabriquer sur le continent»
Une conférence récemment proposée pour Connect in Pharma mettait l’accent sur l’innovation en tant que fondement d’une industrie pharmaceutique forte en Europe. «L’industrie pharmaceutique européenne doit continuer à fabriquer sur le continent et se numériser davantage pour rester compétitive», de l’avis des différents intervenants. ©Connect In Pharma

Une conférence récemment proposée pour Connect in Pharma mettait l’accent sur l’innovation en tant que fondement d’une industrie pharmaceutique forte en Europe. «L’industrie pharmaceutique européenne doit continuer à fabriquer sur le continent et se numériser davantage pour rester compétitive», de l’avis des différents intervenants. Afin d’assurer un avenir solide à l’industrie pharmaceutique européenne, les entreprises doivent donner la priorité à la numérisation et garder le contrôle des lignes de production, ont ainsi affirmé des intervenants de Connect in Pharma. Lors de l’événement basé à Genève, cette semaine, les décideurs des sociétés pharmaceutiques et biotechnologiques européennes ont ainsi entendu des experts qui traceront l’avenir de leurs industries.

Pérenniser la chaîne d’approvisionnement européenne 

La récente pandémie de Covid-19 a mis en évidence à la fois les forces et les faiblesses de la chaîne d’approvisionnement européenne, a déclaré le conférencier Jean-François Hilaire, vice-président exécutif et président des systèmes de livraison avancés chez Recipharm. Après le Covid, de nombreux dirigeants gouvernementaux et politiques européens ont réagi en exigeant la relocalisation de la production pharmaceutique en Europe pour assurer une résilience plus stratégique pour le continent, a souligné Jean-François Hilaire.

« À la fin des années 1990 et au début des années 2000, la décision de déplacer la production d’ingrédients pharmaceutiques actifs clés vers des usines en Chine et en Inde a été perçue de manière opportuniste pour atténuer l’impact des nouvelles réglementations tarifaires et environnementales mises en place en Europe à cette époque », se souvient-il. Cependant, le résultat est une dépendance à l’égard des matières premières produites en Asie, ce qui a exposé l’industrie pharmaceutique européenne.

Jean-François Hilaire a ainsi raconté l’augmentation de la demande de matières premières pour fabriquer des vaccins pendant la pandémie et le récent verrouillage lié à Covid dans le port de Shanghai comme exemples de points de pression affectant les chaînes d’approvisionnement européennes. Le rapatriement de la production de ces matières premières n’est pas une option sans obstacles majeurs, explique Jean-François Hilaire. «L’investissement en capital et les travaux de réglementation nécessaires sont d’un coût prohibitif et prendraient des années. Nous ne pouvons pas défaire le passé, mais la leçon pour l’avenir est claire, dit-il : «Nous devons maintenir le développement et la production de nouveaux produits innovants en Europe». Son intervention a démontré que l’Europe doit maintenir la production de tout nouveau produit innovant, comme les médicaments à base d’ARNm et plus généralement les produits biologiques à grandes molécules du futur.

La numérisation, l’élément clé de toute future feuille de route 

Selon Christian Wölbeling, conseiller exécutif de l’industrie et responsable principal des comptes stratégiques chez Körber Pharma Software : «Les entreprises pharmaceutiques qui cherchent à accélérer l’innovation feraient bien de déchirer le manuel actuel et d’intégrer la numérisation dans toute leur entreprise».  S’exprimant lors de Connect in Pharma au nom de la Société internationale d’ingénierie pharmaceutique (ISPE), Christian Wölbeling a présenté des informations sur la manière dont les organisations doivent se transformer de fond en comble pour tirer pleinement parti du potentiel de la numérisation.

De son côté, l’ISPE mène une enquête annuelle au sein de l’industrie pour mesurer où en sont les entreprises dans leur parcours de transformation numérique. «Seulement 30 à 40% ont commencé le voyage, et aucune entreprise n’a fait tout le voyage. Nous sommes loin du 4.0», explique Christian Wölbeling, faisant référence au modèle opérationnel ISPE Pharma 4.0TM, que Wölbeling et d’autres membres d’un groupe d’intérêt spécial au sein de l’ISPE ont joué un rôle clé dans la conception. Il souligne que les entreprises ont une gamme de départements – pour les petites et grandes molécules, la formulation, le remplissage et la finition et l’emballage – qu’elles ont du mal à intégrer.

«Toutes ces parties contiennent des données et chaque système a son propre silo. Sans plate-forme de données commune, le suivi et la traçabilité de bout en bout sont inefficaces et difficiles», explique Christian Wölbeling. La présentation de Christian Wölbeling à Connect in Pharma, intitulée « Pharma 4.0 – La feuille de route vers la numérisation », a ainsi évoqué le cas stratégique de la transformation numérique et fournit des informations sur la manière dont les entreprises peuvent créer des flux de travail numériques et augmenter la connectivité afin que les systèmes puissent facilement communiquer entre eux.D’autres intervenants de BD, Roche, Unither Pharmaceuticals, UPSA, Gerresheimer, l’Université de Bordeaux et d’ailleurs sont également intervenus sur d’autres sujets tels que le développement des solutions d’emballage innovantes ; comment développer les produits biotechnologiques ; l’innovation dans les injectables ou encore l’utilisation de seringues préremplies intelligentes pour optimiser l’administration de produits biologiques.

(Source : Connect In Pharma)

ParLa rédaction
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